Abandonnez les résolutions du 1er janvier !

bonne résolution 2020

3 janvier 2020

Abandonnez les résolutions du 1er janvier !

C’est le marronnier de saison ! Comme chaque année en cette période de fêtes fleurissent les articles et les conseils un peu réchauffés pour nous inciter à prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année. Qui ne s’est pas promis au moins une fois d’arrêter de fumer, ou de manger du chocolat, ou de pratiquer un sport plus régulièrement à partir du 2 janvier ? On prend de bonnes résolutions, mais les tient-on ? Si ces résolutions ne tiennent pas, c’est qu’elles ne sont pas prises de la bonne manière. Étant la seule expression d’une construction cérébrale, elles ont fort peu de chances de réussir.

Qui n’a jamais pris de résolutions du 1er janvier, qui ne passent pas l’épreuve du lendemain ?

L’un veut arrêter de fumer et tente de convaincre son entourage de faire de même. « Demain j’arrête ! ». Pourtant, la résolution tiendra-t-elle encore à la mi-janvier ? Rien n’est moins sûr. Il faut donc se demander ce qui fait que nos résolutions, dont le principe est bon, ne tiennent pas. Pourquoi ne s’ancrent-elles pas dans la durée ?

Le désir ne procède pas de la tête

L’être humain est pétri d’émotions, qui donnent du sens à nos actions. Un désir ne procède pas de la tête, il doit d’abord venir du cœur et des tripes. S’il est purement cérébral, rationnel, il nous sera souvent plus difficile de le transformer en réalité. J’en ai fait, moi-même, l’expérience plusieurs fois, dans des situations bien différentes au cours de ma vie. Que ce soit dans un cadre affectif, professionnel ou opérationnel, les résolutions prises uniquement avec la tête ont rarement tenu dans le temps.

En revanche, dès lors qu’elles procédaient d’un désir intérieur puissant et étaient alignées « tête-cœur-tripes », selon une expression chère à Jacques Santini et Christophe Le Buhan (Les fondements humains du leadership, 2008), j’ai pu les intégrer à un processus de transformation profond.

L’être est in-divis, et cette unité caractérise l’individu

L’unité de l’être

Exprimer son unicité, c’est d’abord réunifier toutes ses dimensions intérieures : émotionnelle, intellectuelle, physique et spirituelle. L’être est in-divis, et cette unité caractérise l’individu. Séparer la raison pure du centre des émotions ou des élans de l’instinct ne peut que déséquilibrer. Comme l’arbre qui plonge ses racines sous la terre, appuie son tronc sur elle, et élance sa couronne vers le ciel, il nous est nécessaire de relier nos dimensions et d’aligner notre axe Terre-Ciel.

Si nos résolutions ne tiennent pas, c’est qu’elles émanent le plus souvent du mauvais endroit : de la tête ! Tant qu’elles procèdent seulement de la tête, elles ont fort peu de chances de se transformer en réalité. Comme des arbres manquant de racines profondément plantées en terre, il leur manque un ancrage solide dans notre terre intérieure.

L’émotion est donc le nécessaire point de départ pour passer efficacement d’une situation perçue à un état désiré.

La vibration intérieure

Pour ne pas demeurer superficielles et déclencher un élan suffisamment puissant pour braver les obstacles, ces résolutions doivent être la conséquence d’une forte vibration intérieure. Et cette vibration part d’abord d’une émotion, donc du cœur. C’est de lui que naissent en nous joie, enthousiasme, colère, frustration… Peu importe l’émotion, l’essentiel est qu’elle provoque un stimulus suffisamment fort pour déclencher une décision de mise en mouvement.

L’émotion est donc le nécessaire point de départ pour passer efficacement d’une situation perçue à un état désiré.

C’est pourquoi, pour être actif, le souhait d’arrêter de fumer, de manger des sucreries ou de se remettre au sport ne doit pas être une « résolution du premier janvier », mais un engagement vers un état ardemment souhaité. C’est ainsi que les choses peuvent aboutir à un véritable changement. Car, si l’ego est capable de générer bien des désirs changeants, le cœur et les « tripes » ne peuvent être contraints très longtemps.

Lorsque la raison d’être apparaît motivante, le moteur de l’envie s’allume à pleine puissance

La raison est seconde

Une fois l’émotion ressentie avec suffisamment de vigueur, la deuxième étape du processus de changement peut avoir lieu : celle de l’épreuve du sens. Il s’agit de ressentir si ce changement a véritablement du sens pour soi, si sa raison d’être est suffisamment solide pour déclencher une mise en mouvement, qui part de nos « tripes », notre centre de gravité. Située trois doigts sous le nombril, cette zone baptisée Hara en japonais ou Tan Tien inférieur en chinois procure l’énergie nécessaire à nos actions, qu’elles soient réalisées dans la matière ou dans nos intentions.

Lorsque la raison d’être apparaît motivante, le moteur de l’envie s’allume à pleine puissance. Le moment est alors venu (et seulement maintenant) de remonter à l’étage de la tête pour définir le(s) objectif(s) quantitatifs et qualitatifs à se fixer. Le plan d’action pourra en découler.

Cessons de dire, « je commence demain »

Le futur, c’est maintenant

C’est un de mes leitmotivs, lorsque j’accompagne des organisations dans leur transformation : cessons de dire, « je commence demain ». La procrastination ne permet pas le changement. Le futur commence maintenant !

De même qu’un coup de foudre sentimental nous tombe dessus sans délai et nous transit de fond en comble, parce qu’il touche notre cœur, un changement que nous voulons opérer se fait à l’instant où l’on prend conscience qu’il est indispensable. Non pas plus tard.

Je crois que l’une des explications du taux de réussite des entreprises que nous accompagnons dans leur transformation tient de la manière dont nous incluons les élans individuels et collectifs dans les démarches de changement. Des démarches qui ne se cantonnent pas à l’étage des plans d’actions mais passent d’abord par l’exploration des ressentis et du sens. Et nous pouvons témoigner de la différence notable que cela produit dans l’engagement des personnes et le suivi des actions ainsi définies.


Bonne année !

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